Sur rien mes lèvres

Sur rien mes lèvres tente de marquer une certaine inadéquation de l’être au monde.

Les trois temps du recueil nous déposent devant les impasses de la langue, notamment celle de définir - et de nous reconnaître - une quelconque place qui ne soit pas usurpée, un départ qui ne soit pas une fuite, et de dire l’errance, notre façon d’aller nus dans le noir.

La perte, ensuite, la crainte et sa douleur. La perte de l’autre et de nous-mêmes, le corps en creux avide encore, la chosification progressive, plus ou moins consentie, plus ou moins volontaire de notre vie matérielle.

L’opacité enfin de ce miroir sarcastique et désolé que nous tend l’autre sur notre absence à nous-mêmes, jusque dans le plus creux de l’intime, alors même que nous cherchons en lui un reflet de notre présence : Tu es l’ailleurs que je n’ai pas.

Inadéquats au lieu, absents à l’autre, inaptes au silence. Séquestrés dans la parole qui est le bruissement de notre espèce.

Reste le poème. Pas le vent de ce qu’on voulait dire, mais la tentative de garder ouvert le passage des mots au travers de celui qui cherche à les saisir au vol dans l’écriture, la nécessité des failles qu’ils maintiennent béantes et du silence auquel ils exhortent, même si leurs sonorités offrent souvent le plus profond de leurs sens.



Sur rien mes lèvres

Le Cormier, éditeur, Bruxelles

septembre 2021


Tirage de tête : 25 exemplaires signés et numérotés de 1 à 25 accompagnés d'une gravure de l'auteur tirée à 25 exemplaires sur papier Rives 100 g. signés et numérotés.